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    Vrac de thés et de menthes en quatre actes: Un thé au Sahara; un thé pour les plantes; les thés santé d’ici; un thé pour Nanatomie!

    Par Marie-Odile Lebeau | 24 septembre 2009

    baume du CanadaDevant le caméliaMenthe du Chalet-Serre

      

      

      

     

    À la santé des beautés et des thés de nos étés!

    Premier acte: Un thé au Sahara

    Anecdotes de la Marina

    J’ai récemment exploré Repentigny avec le fantasme bien alimenté par le petit mot Marina qui m’orientait vers tout autre chose qu’un désert. Je cherchais Un thé au Sahara, d’après une invitation à exposer des oeuvres et à assister aux activités des journées de la culture du 26 et 27 septembre… J’aurais voulu voir des vagues battre les frontières de la civilisation de leurs assauts enjoués…

    Bien déçue d’abord, ne tombant pas sur cette vue du fleuve tant cherchée,  l’eau aurait dû se jeter toute ronde sur un lieu digne du nom de Marina, je me suis finalement consolée de cette autre catastrophe urbaine privant les citoyens de leur paysage. Après une grande traversée stérile de la zone asphaltée mur-à-mur désertée par les forces de vie, j’ai enfin déniché l’oasis…

    Automne en oasis

    Le restaurant nord-africain a pris racine ici depuis un an dans le mini centre commercial  appelé familièrement Marina! Je m’y suis abreuvée de paix et d’un excellent thé à la menthe complétant le repas… Si ce n’est qu’à boire mais aussi à voir qu’il vous faut (selon l’expression du peintre Gille Marcotte), l’endroit est aussi aménagé en galerie d’art!

    Un thé au Sahara Nanatomie et crane

    Jouxtées aux rumeurs de la rue, grandes et petites jounées…

    Nanatomie et Crane, oeuvres mixtes de récupération et mosaïque ont été confiés aux restaurateurs. Ils s’accompagnent sagement  et voisinent les trésors de cette caverne d’Ali Baba contemporaine offrant salon de thé et galerie, lectures et objets traditionnels, en plus de sa table nord-africaine. Nanatomie y prendra le thé à la menthe traditionnel en toute tranquilité sans avoir à se vêtir d’une mante de bain! Moins habillée que le manequin de la place d’à côté, elle supportera à l’abri les froids de l’automne qui commence, sous les feux de la rampe…exotiques.

    Journées de la culture au Thé du Sahara

    Rien de désertique en ces journées dédiées! Voici l’annonce parue dans le bulletin de Culture Lanaudière quant aux activités du groupe d’artistes rassemblés par Anni Müller*. Je serai de la partie au restaurant de Repentigny, en cette fin de semaine célébrant les Journées de la culture:

    Le samedi 26 septembre de 13 h à 21 h peinture en direct et exposition. Le dimanche 27 septembre entre 13 h et 17 h vernissage et peinture en direct. 5 artistes seront présents au Salon de thé Sahara, 358, rue Notre-Dame suite 160 à côté du buffet et de la marina. L’exposition durera 1 mois. Entrée gratuite.

    Fermé le lundi. Ouvert du mardi au samedi de 16 h à 22 h et le dimanche de 16 h à 23 h. Thé et nourriture tunésienne, dessert et tout à bon prix. Information : 450 932-0773

    *Voir aussi le site d’Anni Müller, http://www.animuller.com  Un aperçu:

    … »En utilisant une image d’elle-même ou d’un proche, elle intervient afin d’en modifier l’idéologie première. Ani Müller redéfinit le portrait. Sa combinaison de collage et de peinture donne un effet trompe-l’oeil, venant déjouer le spectateur.

    Deuxième acte: les thés santé d’ici

     Thé santémenthe marocaine

    Trouvée…

    Achetée cet été au marché Jean-Talon, cette souche de menthe marocaine  (ci-haut) m’était encore inconnue. Jolie et agréable, à saveur corsée, feuillage gaufré foncé, elle ferait l’inspiration des trouvères*.  À consulter sommairement la littérature sur les plantations  des cultivars appréciés au monde nord-africain, cultiver massivement la menthe en zone aride ne semble pas si simple. Elle fait pourtant partie des rituels quotidiens et la consommer en abondance évite la déshydratation…

    Fraichement insinuée dans mon jardin du nord, sa culture y sera probablement plus facile à pratiquer. Ici les rejets ne prêchent pas dans le désert. Source de renouvellement de l’individu, multiplication végétative oblige, c’est bien gorgés d’eau qu’ils se retrouvent à deux pas de la souche initiale. Ils s’enracinent!

    La menthe trop coincée qui ne trouve pas de terre neuve à peupler de ses rejets devient vite épuisée, c’est pourquoi on recommande de déplacer et diviser nos pieds aux trois ans!

    * Selon Wikipedia « Un trouvère est un poète, un chanteur, durant le Moyen Âge, en France. Le terme trouvère est utilisé pour désigner les artistes utilisant la langue d’oïl, c’est-à-dire ceux originaires du nord de la Loire, tandis que troubadour désignait l’équivalent pour la langue d’oc … » 

    Dahlias et tasse

    herbes

    Arts du thé et de l’été

    Mon plant unique de menthe marocaine complétera une humble collection d’espèces naturalisées. Ces diverses souches aux  feuillages verdoyants et frais colorent agréablement les infusions aromatiques de la belle théière transparente, amie des repas prolongés… Parfum unique des étés, la menthe ne coûte finalement presque rien. Elle ne demande que très peu d’attention et de soins. Est-ce pour cela qu’on la néglige? À l’instar de Nanatomie, ses joyaux sont intrinsèques. Nul besoin d’autres atours!

    Menthe dans l’orangerie

    Voisinage de menthe avec eucalyptus et fraisier   Menthe et fraises

    Ces autres pieds placés en hauts lieux offrent d’incessantes cueillettes, du  printemps à l’automne, dans cette « orangerie » qui couronne le Chalet-Serre ( résidence de tourisme dont le toit végétal abrité offre un climat de serre froide, version écologique de l’orangerie, agrumes capricieux en moins!).  La culture de menthe qu’elle abrite est entremêlée de fraisiers, eucalyptus, mélisse, laurier sauce… Elle demeure  juste assez envahissante pour offrir le loisir de prélever des pieds à repiquer pour les amis et des feuilles fraichesà profusion pour le thé!

    Quand en  allant cueillir la menthe on en foule un pied au passage, elle exhale un parfum relaxant qui envahit l’espace de la serre et du rez-de-haussée du chalet. Les herbes diverses, bien infusées, sont consommées sans plus tarder, au comble de leur arôme et de leur valeur nutritive (ne pas oublier d’y mettre la quantité pour le goût!). Pour varier l’arôme des infusions on y associe la mélisse (citronelle). Elle pousse avec la même vigueur que la menthe, s’insinuant à travers les fraisiers et s’y multipliant par semis…

    Troisième acte: Un thé pour les plantes

    Apôtres du thé, pour les plantes!

    Jean-Pierre Cloutier, producteur des fameux piments de Sainte-Béatrix, nous parle dans ses carnets (piment chaud) de son thé de compost aéré, consistant en une fermentation sucrée de compost. C’est l’un des sectrets de santé de sa plantation en serre. Il en obtient un engrais foliaire favorisant l’hygiène horticole par la réorganisation de la compétition microbienne du milieu aérien des plantes en culture:

    « j’obtiens d’excellents résultats avec le « thé de compost aéré », qui consiste à oxygéner un mélange eau/compost durant la macération pour stimuler la vie bactérienne aérobique.  Les bactéries aérobiques dévoreront les bactéries anaérobiques qui peuvent être nuisibles aux plantes. En plus de servir d’amendement de sol comme le thé de compost simple, la version aérée constitue un puissant fongicide et antibactérien qui s’avère utile par temps humide. »

    extrait de  http://pimentchaud.blogspot.com

    Pactisant déjà avec l’herboristerie pour leur propre santé, les producteurs du piment de Sainte-Béatrix ( culture sous abri du très prisé piment Gorria « de type Espelette »),  ont osé pousser le rafinement de leurs traitements jusqu’à servir l’aromathérapie en prévention et correction à un problème de maladies de leurs piments… à ma suggestion. La rencontre à travers les circuits de MILLI-EAU est prometteuse. L’histoire à succès continue, gloire et santé conjuguées, pour ces piments fins et leurs traiteurs. Pas de résistance à opposer au bon sens et à l’extension horticole des méthodes de sagesse populaire! Ces découvertes empiriques sont aussi reprises par la science.

    Les piments et leur sol infusés de menthe!

    herbes Dahlia fané et orteils

    Voici le lien pour écouter le témoignage du producteur interviewé par Lionel Levac à la Semaine verte radio, émission du 6 septembre 2009, sur des infusions aromatiques administrées aux plantes:http://medias-balado.radio-canada.ca/diffusion/2009/balado/src/CBF/semverte-20090915-1055.mp3  Jean-Pierre Cloutier relate les moyens de lutte utilisés dans la serre. Les infusions de menthe et autres herbes vaporisées en alternance complètent désormais les méthodes douces en vigueur.

    Langue de bois du thé Le thé 

    Une « tisane » ou un thé? 

    Yvon Sylvain, polémiste bien connu de notre milieu jardinier, déclare  infecte  l’application du mot tisane à tout ce qui fait office de thé de culture locale. En effet, le camelia sinensis ou thé véritable est bien à l’honneur dans nos boutiques de thés branchées. Celles-ci se tournent davantage vers les profuits fins de l’orient quand les thés d’ici sont pourtant fort prisés par de lointains acheteurs orientaux!  En terrain échangiste de nos exotismes réspectifs, nos thés particuliers ont pourtant leurs lettres de noblesse. Par exemple, le ginseng d’occident (aux propriétés opposées à son homologue d’orient  fait la contrepartie yin de l’équilibre). Quant à la modeste verge d’or, cette plante mellifère si envahissante, elle trouve aussi marché outre-mer chez les importateurs de produits fins. Légendaire » thé du Canada » d’autrefois, elle reprend aussi  du gallon à Sainte-Émélie…

    J’aime cette idée de ne plus censurer le mot thé  et de refuser de le réserver aux seules feuilles du camelia sinensis. Thé évoque partage, rituel, finesse et santé, alors que tisane sous-entend le plus souvent repli, grosse doudou, maladie à soigner…

    Quatrième acte: Un thé pour Nanatomie 

    Dans le resto galerie Un thé au Sahara, à la Marina de Repentigny, Nanatomie sera exposée avec  Crane. Vous l’y verrez lors des journées de la culture. Elle y demeurera sans doute un moment encore… Pourquoi pas! Voici son nouveau décor!

    AmbianceCafé restocoin confortablecouscous merguezNanatomie au restoUn thé à la mentheGalerierepas complétera le repas…

    Catégorie: D'ici et dans mon assiette, Participer, Traditions, Une écologie inclusive
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