« Beaux plats citrouillards… Les plus trouillards des convives seront séduits | Accueil | Elles y ont toujours été mais on les y entend encore trop peu… les femmes en agriculture! »
Après le vote, les véritables exercices santé de la démocratie!
Par Marie-Odile Lebeau | 5 novembre 2009
Les redresser-assis de la démocratie municipale…
Les carnets de MILLI-EAU s’offrent à vous avec plus de richesse que l’urne pour exprimer vos points de vue citoyens. À tous d’en profiter, voteurs ou non, candidats défaits ou gagnants, puisque le travail le plus important reste à faire: celui de rassembler des communautés disloquées dans des projets communs riches de l’apport original de chacun, respectueux de toutes les bourses et des différentes sensibilités aux merveilles de l’habitat local…
Distorsions
Malheureusement, les distorsions économiques impriment un biais inévitable sur la réceptivité aux différents plans de développement du milieu. Il y a surtout cette crainte dont on parle peu mais qui décide de tout, celle de devenir des exclus chez soi! Beaucoup de légitimités sont à reconsidérer puisque même au plan des décisions sur cet espace si important de notre qualité de vie, à l’ère des courants mettant en valeur les circuits de proximité, l’économisme nivellateur règne!
Villégiateurs et résidents
Pour plusieurs décideurs (élus, gens de commerce, développeurs) et pour les spectateurs, touriste (villégiateur) rime avec tout riche, et la vie locale de campagne en reste toute pauvre parce que les lieux d’échanges créés par les gestions et animations municipale ne s’adressents pas consciemment à cette cette mixité d’intérêts et de priorités à refaire dans l’harmonie.
La réalité de la scission prend parfois des allures ouvertes et quasi indécentes dans la façon de courtiser l’électorat. Si l’on dit qu’un citoyen en vaut bien un autre, la notion galvaudée de citoyenneté qui prévaut généralement au plan politique ne vaut plus grand chose si l’on fait intervenir sur le même pied les priorités identifiées par un coeur qui bat dans son milieu et pour son milieu tous les jours de l’année et les suggestions d’un simple payeur de taxe qui ne peut se tremper assez souvent dans son milieu pour le comprendre… Loin de moi l’idée d’assimiler automatiquement le résident permanent à quelqu’un d’impliqué qui comprend son milieu et de l’autre côté de déclarer le villégiateur égoïste ou incapable de voir, ni celle de donner à leurs voix respectives une valeur différente… Nous avons de multiples preuves tous les jours dans ma municipalité composée d’un tout petit noyau de permanents vs ces gens qui ne réalisent qu’une part limitée de leurs activités ici, que les uns et les autres gagnent largement à mieux se connaître, à s’expliquer sur les usages préférés du lieu, et à travailler ensemble à son développement harmonieux!
Pour certains administrateurs, la notion d’utilisateur payeur développée dans leurs efforts de rationnalisation a réduit le votant à un joueur anonyme de plus de notre grande société de consommation… Le citoyen devient alors cette présence de style self service rapide reparti en fuite dans sa voiture au bout d’un moment… Drôle de concept!
La vie locale c’est bien plus qu’un comptoir de services! Ici les villégiateurs potentiels à pouvoir s’inscrire s’élevaient à environ 1000, 350 l’ont fait. Ils comptent de toute façon pour beaucoup dans les décisions, puisque notre toute petite population de résidents leur accorde un poids important! Exacerber les différences entre villégiateurs et résidents reviendrait à considérer qu’il peut être payant pour ces « touristes » de faire leurs choix sans se bâdrer des ingrédients humains qui les ont attirés dans leurs retraites nature. La fraîcheur campagnarde, la bonhomie des relations confiantes et spontanées et la couleur locale, elle se choisit et s’élit tous les jours, même si le tissu social ténu des habitants permanents n’offre pas beaucoup de tribunes pour un discours articulé… Quand on veut participer de loin à ce bavardage de fond, il faut plus d’effort pour saisir ce qui s’y trame mais on y arrive. Les dits « touristes » n’ont pas choisi le lieu simplement pour y placer le BBQ et la chaise longue ou pour se ressourcer dans un beau lieu naturel et moins anonyme… S’ils l’aiment pour vrai et pour longtemps, ils y conservent autant de droits qu’ils y ont d’obligations, et ils le sentent! Il est faux de croire que le seul fait de payer des taxes municipales et de voter est gage de vie citoyenne accomplie! Heureusement, beaucoup l’ont compris et palpent régulièrement les petites réalités locales qui ont beaucoup d’importance pour les uns même si elles passent inaperçues pour les autres, et ce à travers le circuit informel! Le manque d’autres canaux oblige!
Havres de vie devenus objets de spéculations
Nos municipalités sont devenues des bêtes complexes, assiégées par le poids d’une vie bureaucratique lourde et de responsabilités délicates à appliquer parachutées par les instances supérieures du pouvoir. Pour administrer les facteurs de notre qualité de vie, des grilles normatives en grande partie héritées ou imposées d’en haut se substituent à la capacité de jugement tout en ne bénéficiant pas de cette forme d’anonymat qu’offrent les grandes agglomérations pour mener leurs actions et sanctions.
La santé décisionnelle et la sérénité des acteurs municipaux et des citoyens se trouvent affectées par l’interventionnisme, exagéré ou non, dans un cadre si personnalisé… La volonté de traiter les dossiers citoyens avec professionalisme et avec le suivi et la cohérence des actions menées en fonction d’intérêts supérieurs finit par générer des guerres idéologiques ou personnelles dans un cadre douteux, sur des questions où l’on s’entend sur le fond et pas sur les moyens. Des thématiques environnementales contraignantes et affaires de zonage sont de bons exemples de débats handicapés…
Distance décisionnelle, proximité des intérêts
Mettre un peu de distance est source d’ordre et de mieux-être, un peu comme le vouvoiement à l’école! Malgré le cadre coercitif nuisant parfois aux bonnes relations humaines par ses volets aveugles, une autre obligation des administrations municipales intervient, difficulté qui sait parfois se transformer en richesse, limitant les divagations décisionnelles des élus en se posant comme une balise de gros bon sens. En effet, les administrations municipales des petites polpulations rurales sont totalement liées à leurs citoyens bénévoles pour la cohésion et la bonne marche des projets d’intérêt culturel et communautaire. S’ils passent à côté des bonnes énergies disponibles et priorisent les images plus que le fond, le plancher se dérobe sous leurs pieds. Le bénévolat est affaire avant tout de sens et de relations humaines et on ne peut compter longtemps sur ses énergies capricieuses sans s’employer à les entretenir de la bonne façon… avec une écoute attentive aux propositions et aux vrais besoins!
La fiscalité malheureuse
Avec peu de pouvoirs économiques autres que ceux faisant pression sur le budget des ménages, des occupants saisonniers et des spéculateurs, tous traités dans un même lot fiscal indifférent aux besoins humain collectifs et attentes individuelles vis à vis la gestion, les municipalités de petite taille mobilisent leurs votants sur des bases obligatoirement fort différentes.
Les citoyens bien enracinés sont très sensibles à tout ce qui regarde à la dépense et protestent devant l’indifférence à des besoins sociaux criants que seules leurs administrations municipales peuvent corriger, mais on ne se manifeste qu’au quatre ans! On nous donne le choix des individus quand il est généralement trop tard pour réduire la vitesse de croisière qu’ont prise les réalisations auto-centrées de nos administrations et leurs bureaucraties faites pour croître! Plusieurs de ces machines ne trouvent plus la vitesse de reculons…
La pire violence est l’indifférence aux vraies affaires!
Notre monde est habité par des logiques de chambres de commerce… Pour certains, des « améliorations générales » qui font augmenter l’évaluation et donc les taxes veulent dire en bout de ligne « tu n’as pas les revenus pour continuer à vivre ici, va-t-en chercher ailleurs pour te loger ». Il y a déjà tout ce que la démesure de notre économie de spéculation peut engendrer pour paniquer quand la précarité nous guette! Où se cantonne alors cette notion de citoyenneté?
Il y a bien des fonds et subventions des programmes régionaux ou provinciaux qui permettent d’améliorer nos petits mondes sans augmentation de l’assiette fiscale… mais quelle administration se prive du confort facile de prélèvements plus gras quand cela se prête?
Les évaluations à la hausse des propriétés de bords de l’eau sont responsables ici d’une grande part de notre nouvelle « prospérité » municipale… Étant donné le mécanisme universel de taxation basé sur la valeur marchande et non sur la demande en services, le non sens est flagrant en fait d’approche citoyenne! …Il faudrait inventer d’autre règles ou critères… et cela s’avérerait révolutionnaire… pour que l’empreinte écologique du type d’occupation de l’habitat soit un critère d’imputabilité qui favorise le partage de l’environnement municipal dans une logique d’intérêt commun! Comme les distances sont grandes et que le tissu social s’avère ici relativement fragile par manque de vrais lieux de fréquentation ouverts à tous, les personnes que l’on perd avec l’embourgeoisement des campagnes sont souvent les pièces du puzzle qui permettaient au tout de mieux se tenir!
Silences et rumeurs
Il y a les lois du silence dans les antichambres de puissance, et celles du commérage, mobilisant le plus souvent les compères de la place publique relativement oisifs (ou aux activités passablement motorisées… ). Les cancans de village, comme l’indifférence peuplée d’attente et de silence, constituent également une forme d’indifférence violente et destructrice et s’avèrent aussi dangereux!
Technocraties à revoir
Combien de principes de partage traditionnels, à l’oeuvre dans ce monde aux équilibres naturels encore palpables, sont mal lus et interprétés ou à moitié détruits par la puissance dévorante de lobbys à gros moteurs, de citoyens agressifs ou de gestionnaires ayant peu d’écoute sensible ou de prudence? Combien d’efforts persistants et très valables sont ignorés ou baillonnés, capacité d’engagement venant souvent de perles parmi nos gens, parce qu’on propose son action dans un cadre devenu trop rigide?
Confusions des rôles
Combien de suspicions erronnées font croire que ceux qui donnent tout sont ceux qui reçoivent de l’aide… quand on confond culture et commerce!
Se rafraîchir avec une histoire simple
Ce joli film où l’on voit à l’oeuvre la dynamique d’un « promoteur », sans autre force que son petit réseau d’éclopés solidaires et qui essaie de séduire les élus de son patelin, était présenté jeudi à ciné bla bla au CRAPO. L’histoire des plus émouvante nous éloigne de chez nous tout en permettant de constater comme les hautes et petites gommes politiques ont leur poids partout… avec un joli suspens endiablé de couscous et chaleur humaine: La graine et le mulet… proposition de belle sortie conviviale du CRAPO ( c’était à CINÉ-BLABLA, JEUDI 5 NOVEMBRE 19h, contribution volontaire demandée…).
Catégorie: Débats et réflexions, Participer
Mots clés: bénévoles, citoyens, Crapo, culture, démocratie, élections municipales, empreinte écologique, habitat, habitat domestique, proximité | Aucun commentaire
